L'essence profonde de la musique, c'est l'espace entre les notes, les ondes qui montent et qui descendent, qui se répètent, se détachent... On a rarement les mots pour dire comment elles nous touchent, remuent d'autres ondes, comme la beauté du jour, son rapport à l'ombre, sa texture, sa sensation, son spectre.
Je crois que c'est pour cela que Denis Villeneuve a choisi la pureté répétitive de ce morceau de Max Richter pour accompagner "Premier Contact".
On parle de la Rencontre du 3è Type à propos de cette oeuvre puisque le sujet est le même : la communication. Mais la question du langage et de la cognition y sont abordés différemment, mis en perspective par l'arc narratif et la relation à l'espace avec une photographie à la hauteur du propos. Il y a le sens propre et aussi le rythme, l'ordre défini par un temps, linéaire pour les humains, spatial pour nos physiciens, mystérieux pour nous tous : comment peut-on faire des années si courtes avec des minutes si longues ?
Quelques dialogues ridicules, quelques ombres de l'état du marché du cinéma planent de bout en bout, mais l'on s'approche sacrément du cinéma total d'un Kubrick.

arrival