Au chapitre des plaisirs coupables, il y a les grands violons dans des orchestrations mégalos, les musiques panthéistes d'Hans Zimmer et les films transcendantaux aux images impressionnantes.
Le problème de Christopher Nolan reste l'ésotérisme un peu creux qui transpire de ses scénars. Il y a toujours un moment où tu fais un pas de côté pendant la séance. T'aperçois les ficelles et là le décor s'écroule, aussi majestueux soit-il.
Image, musique, impressions... Il ne reste pas grand chose d'Inception au final, à part l'idée.
L'idée au centre de l'idée, la façon dont elle germe dans les méandres de notre cerveau, dont elle l'arpente, dont elle infiltre la résistance - la raison - pour mieux le coloniser.
Je repensais à ça et à son expression triviale : quand on a une idée en tête, on l'a pas... ailleurs. D'où sort cette expression, je n'en sais foutre rien mais elle est foutrement fausse. En vérité il arrive souvent qu'une idée parte de la tête pour gagner le corps ou l'inverse. Parfois à une vitesse telle qu'on ne sait plus d'où elle vient au juste. Et s'il n'y a pas grand chose de meilleur, peu de choses sont pires. Quel que soit l'être de présent, d'action et de rationnel que l'on soit, une telle idée obtient sans crier gare la puissance d'un dogme. La raison veut la rejeter, juste par principe, mais c'est impossible quand entre temps l'idée est devenue la raison et le principe.
Que reste t-il à faire alors ? Suicider Marion Cotillard. Se jeter à corps perdu dans l'idée. Tuer l'idée pour ressusciter dans le monde des vivants, au risque de mourir pour de bon.  

 

Inception-Cillian-Murphy