Je n'ai qu'un souvenir de ces cinq journées entre les griffes des terribles "formateurs", dont deux dédiées à la "méthodologie de projet" par un "consultant méthodologue" (comprenne qui pourra, et beaucoup le pourront, ce supplice est hélas ordinaire) : j’ai été obligée de m’occuper l’esprit pour ne pas le perdre.

Dans un premier temps, comme tout un chacun, je me suis absorbée dans la scrutation des primates qui m’entouraient. Il y avait là une dizaine de males et pas moins de femelles, tous aussi semblables et divers les uns que les autres. Mais au bout d’une demi-journée, j’ai dû passer à une activité plus captivante pour mes neurones.
La seconde demi-journée fut donc consacrée à imaginer quelles situations cocasses entre ces primates pourraient me sauver, tout en appliquant ma partie digitigrade au dessin de convolvulus, tamiers et salsepareilles sous la formule cabalistique "> Diff. projet/project".
Un sous-bois moussu a envahi ma page tandis que les aiguilles partaient en sens inverse. J'ai alors décidé de replancher sur cette question essentielle qui m’a souvent taraudée : et si j’étais un garçon ?

Au bout de longues minutes, je m’aperçois que ce n’est pas tant quel garçon serais-je, mais plutôt que ferais-je en tant que garçon, qui m’intéresse. Ou plus exactement que pourrais-je donc faire de super génial en tant que garçon qui me ferait regretter ma condition féminine.
J’avais déjà exploré la question plusieurs fois, comme tout le monde, avant même de savoir ce qu’était exactement un garçon d'ailleurs. Mais jamais je n’avais réussi à conclure.

Poussée dans mes derniers retranchements, dans la tiédeur de cette salle aseptisée au coeur d’une verrue architecturale trentenaire, c’est le chemin vers cette réponse qui a préservé mon âme d‘une avarie probable. Et je vais vous dire ce que je ferais, moi, si j’étais née avec un Y...
Je pisserais sur les 4X4. Sur les enjoliveurs, et la serrure un peu aussi. Enfin, je commencerais par la serrure tant que le contenu de ma vessie me permettrait de concentrer le jet, puis je finirais par les enjoliveurs.

Bien évidemment, l'idée est sympathique mais le pied ce serait d’être un grand homme. Car dans ce cas ce serait tout autre chose ! C’est sur le pare-brise que je pisserais, direct.