L'anglais est une langue bluffante. On peut comprendre les vieux qui flippent à l'idée que leur langue va moisir et disparaître. Mais moisis ils le sont déjà, la preuve : si la langue est bien une arme et que nous sommes en guerre, même une jeune conne qui ne l'a pas connue sait qu'on fait pas la guerre aux armes mais aux ennemis. Or cet ennemi là, les idées servies par cette langue incroyablement efficace dans un monde globalisé et communiquant, les vieux moisis lui sont plutôt favorables justement.

Prenez "chain of command" : traduction littérale "chaîne de commande" ; traduction tout court "hiérarchie". Et bah ça en dit long sur la façon de concevoir le taf quand même. Si toi petit frenchy tu râles après le taf c'est sûrement la faute au classement. T'es dans la pile du dessous et t'as mal au cul, mais ça n'est souvent qu'une part du problème. Car dans un bon coussin, il faut du rembourrage certes, mais aussi du vent, de la reconnaissance. Alors sois réaliste. Déjà on peut pas rembourrer, les caisses sont vides, ensuite nous savons que tu sais qu'on sait qu'au fond, t'as le classement que tu mérites. 
Le problème du rosbif est à la fois plus simple et plus subtil. On se fout du classement, tu fais partie de la grande machine. Même si t'es qu'un tout petit écrou, tu as ton importance. Enfin va pas croire qu'on va te rembourrer le tapis quand même hein, faut pas déconner. Et si tu donnes des signes de faiblesse on te remplace illico presto, des écrous y en a des tonnes. 
N'empêche, dans un monde globalisé et communiquant le rosbif tape juste, efficace, implacable. T'as mal au cul et tu peux en vouloir à personne. T'es dans une fucking machine. Des mains invisibles agitent ton n+n, les fils ondulent jusqu'à tes mains tremblantes, qui secouent tes n-n, et ainsi de suite. Alors bloody hell oui, même si aucun fil ne me protégera de la grosse gamelle, il me tarde d'être ma propre patronne.