Le tout premier texte que j'ai blogué parlait de la procrastination. En gros je filais l'explication classique puis j'enjolivais un peu : plutôt que la peur du vide, du lendemain, de l'échec, cet état d'apathie transitoire serait en fait le goût du risque, une sorte de base jump avec soi-même, frôler la dead-line, de plus en plus, toujours plus près, et survivre chaque fois.

C'est à peu près la seule chose valable que j'ai pu bloguer à l'époque. Près de dix ans après, l'idée est toujours marrante tant elle est vraie et fausse à la fois. Procrastiner est le seul acte de rébellion à la portée du cadre une fois qu'il a commencé à courir pour faire tourner la roue. Le cadre oui, parce que le mec coincé derrière sa presse hydraulique ou la meuf derrière son standard - et inversement, ne soyons pas sexistes - n'a pas trop de place pour le base jump. D'ailleurs quand je parle de rébellion soyons clairs hein, c'est la rébellion pour les hamsters. Encore que les hamsters mordent si on les emmerde trop, tandis que les cadres revêches ont généralement les dents lisses. La seule corde à leur arc est l'anti-jeu, et l'anti-jeu sportif, c'est le base jump.
Du coup vous vous dites "bah pourquoi qu'c'est donc faux si c'est vrai ?". Cher lecteur impatient, c'est bien simple. La plupart du temps les choses qu'on lit dans les blogs ne font pas le poids face aux savants, même si elles sont mieux racontées (quoi que). En tous cas broder autour de la peur derrière la procrastination ne la cache pas, bien au contraire, elle la fait grossir.