Le bruit et l'odeur
Lecteur salarié, tu n'en as rien à foutre, mais dans les annonces de la bourse aux locaux commerciaux de Paris, on peut lire que "les commerces liés au sexe, et plus généralement, les activités générant des nuisances par le bruit ou l’odeur" n'ont qu'à aller se faire voir à Saint-Denis, Bobigny ou Trifouillis-la-jolie.
Ce n'est pas de la faute de ce pauvre bailleur, mais le Parisien, le Toulousain, le Bordelais, et plus généralement, le Bistrotlandais fantasme plus qu'il ne désire une vie culturelle et sociale. On pourrait discutailler le fait que les mecs pour qui il vote ne voient pas plus loin que le bout de leurs mandats, mais pour pousser la philosophie démocrate jusqu'au bout : pourquoi le représentant du peuple serait-il moins con que ceux qui l'élisent ?
C'est la crise, les gens ont besoin de picoler me dit mon associé. Je suis fichtrement d'accord même si je n'irai pas m'enquiller ses 10l de Stella par semaine pour lui prouver. Pourtant cette époque sobrement désespérante dépense beaucoup plus d'énergie à peinturlurer, mignoniser, serrer toujours plus le cadre à la vie qu'à déraciner le mal. Double avantage, en plus, bien que je n'imagine pas une volonté claire derrière : tandis que les éventuels débordements du citadin sont circonscrits par de jolies gaités lyriques, des jachères fleuries et des couloirs à vélo, celui qui n'a pas les moyens de s'offrir ces gadgets dégage un peu plus loin. Vous me direz, un paysage sans pauvre c'est quand même vachement plus beau.
"Un peuple malheureux fait les grands artistes" a dit l'un des mecs vénéré par ces salauds d'innocents aux mains pleines. Il disait aussi "qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse". Plus d'un siècle plus tard Paris City of Light ressemble de plus en plus à un beau flacon en PVC rempli d'eau plate, de l'art purement matérialiste, sans lumière, sans ivresse, silencieux et inodore.
Slack fun in the summertime
Le trafic ne diminue pas dans le RER. Les costards diminuent on ne peut le nier, mais les touristes, c'est bien simple : ils n'existent pas. On dit "les touristes", mais dans les faits c’est une putain d’hydre. Les mêmes têtes de cons surgissent tous les matins d’on ne sait où... Ils sont pas censés être barrés à moment donné ? Pas comme les lecteurs saperlipopette... C’était déjà underground ici hein. "Confidentiel " ? Euh… oui voilà. Mais là mon tableau de stats c’est 6h45 le 15 août sur l’esplanade de la Défense, ou l'encéphalogramme d'une pastèque par temps de pluie, j'hésite.
Aussi ai-je décidé de réagir. Peut-être n’offre-je pas ce que le lecteur n’attend pas ? Peut-être ne suis-je pas suffisamment à l’écoute de la clameur muette d’un peuple absent et néanmoins distrait ? Ooooké. Alors dans un mini-élan qui ne sera que le modeste petit bout de l'ombre d’un vieux post de Paul Binocle, voici CE QUE VEULENT LES FANES.
Au cours des derniers mois, lecteur cinéphile, tu as atterri ici en googlelisant "salo film préféré", et ce dans le fol espoir, je présume, de trouver d'autres adeptes. Moi j'dis, y a débat. Dans Le Tombeau des Lucioles, les victimes sont plus jeunes, plus vivaces et limites consentantes donc c'est plus jouissif, et vachement mieux dessiné.
Au cours des derniers mois, Alain Soral, tu es tombé sur ce blog dans le fol espoir de vérifier que "c'est pas la faute aux nazis" ...si les juifs n'ont pas de logos, je présume. Et bah ça se discute. Nan, plus sérieusement lecteur suspicieux, tu as le droit de douter. Car en effet, c'est-pas-la-faute-aux-nazis si la Pils a un goût de pisse. Et puis même, c'est-pas-la-faute-aux-nazis si les bergers allemands ont le poil rêche. Et j'ajoute que c'est-pas-la-faute-aux-nazis si les bodybuilders blonds aux yeux bleus ont l'air couillon.
Au cours des derniers mois, lecteur bricolo, tu as débarqué ici dans le fol espoir de trouver un tutoriel (je présume) : "fucking machine +soi-même". Aussi je me dois de t'avertir : cher lecteur bricolo, ça n'est pas sans danger. Mais si tu n'es pas un manche, je te conseille d'opter pour les énergies renouvelables. N'hésite pas à mettre le paquet ! Un simple panneau photovoltaïque, une pompe à chaleur, voire une isolation thermique, et bien sûr un diagnostic de performance énergétique et c'est le crédit d'impôt assuré !
Au cours des derniers mois, lecteur du web 2.0, tu as échoué ici dans le fol espoir de trouver "le connard qui poste sur internet" >>> !!! CONGRATULATIONS !!!
Au cours des derniers mois, lecteur curieux, tu as moteurderecherché dans le fol espoir de trouver "quelle est la différence entre le con qui..." brille et le con qui c'tas d'or ? Aucune.
Allez, bonnes vacances !
NDLR : Je ne compte pas développer la googlocommunication inventée par le sus-nommé Paul Binocle en réponse à ses lecteurs les plus tartes. Inutile de tapoter "rasputain jte kiffe vieille teupu tu t'la pète" dans google, je serai flattée mais ne répondrai pas. Ceci dit contrairement à l'illustre Binocle le transit de grosses tartes en ces lieux est statistiquement improbable. Sur le nombre ce serait pas de bol.
You're part of the game nigga
L'anglais est une langue bluffante. On peut comprendre les vieux qui flippent à l'idée que leur langue va moisir et disparaître. Mais moisis ils le sont déjà, la preuve : si la langue est bien une arme et que nous sommes en guerre, même une jeune conne qui ne l'a pas connue sait qu'on fait pas la guerre aux armes mais aux ennemis. Or cet ennemi là, les idées servies par cette langue incroyablement efficace dans un monde globalisé et communiquant, les vieux moisis lui sont plutôt favorables justement.
Bon, au quotidien j'avoue que je me fous de convaincre mon chef en pré-retraite qu'un flyer n'est pas un tract, ni un prospectus, et encore moins un fascicule.
Prenez "chain of command" : traduction littérale "chaîne de commande" ; traduction tout court "hiérarchie". Et bah ça en dit long sur la façon de concevoir le taf quand même. Si toi petit frenchy tu râles après le taf c'est sûrement la faute au classement. T'es dans la pile du dessous et t'as mal au cul, mais ça n'est souvent qu'une part du problème. Car dans un bon coussin, il faut du rembourrage certes, mais aussi du vent, de la reconnaissance. Alors sois réaliste. Déjà on peut pas rembourrer, les caisses sont vides, ensuite nous savons que tu sais qu'on sait qu'au fond, t'as le classement que tu mérites.
Le problème du rosbif est à la fois plus simple et plus subtil. On se fout du classement, tu fais partie de la grande machine. Même si t'es qu'un tout petit écrou, tu as ton importance. Enfin va pas croire qu'on va te rembourrer le tapis quand même hein, faut pas déconner. Et si tu donnes des signes de faiblesse on te remplace illico presto, des écrous y en a des tonnes.
N'empêche, dans un monde globalisé et communiquant le rosbif tape juste, efficace, implacable. T'as mal au cul et tu peux en vouloir à personne. T'es dans une fucking machine. Des mains invisibles agitent ton n+n, les fils ondulent jusqu'à tes mains tremblantes, qui secouent tes n-n, et ainsi de suite. Alors bloody hell oui, même si aucun fil ne me protégera de la grosse gamelle, il me tarde d'être ma propre patronne.
Midi à Paris
Juillet en avril, déficit hydrique généralisé, pelouses lasses et tongs cramées, et vas y le seuil de vigilance de Véolia-eau, et vas y la Marne et la Seine qui coulent bas sur des nappes sèches, et vas y le néojongleur à bouc taillé qui flambe au quai de Loire parmi les bouffeur de quiches anisés... Franchement si l’on trouvait un moyen de neutraliser l’odeur de la pisse, Paris serait paradisiaque.
Minuit à Paris
« That’s obscene » a murmuré la dame à côté de moi quand Gil Spender souffle à un Buñuel sceptique le synopsis de L'Ange exterminateur. Après avoir bataillé 10 minutes sur la traduction la plus juste du terme, A. et moi avons conclu que Woody n’en avait rien à foutre de ce que pense son public de bourges au charme flou. Il nous offre ses blagues potaches et ses belles cartes postales, ses rêves d'enfant de presque vieux con et nous les prenons, plus ou moins systématiquement, avec plus ou moins de hauteur. Le défilé de références pourrait être plus lourdingue que le sur-jeu de Marion « french touch » Cotillard, mais non. La drôle d’idée d’avoir une vraie première dame de France en faux guide touristique pourrait faire oublier l’obscénité présidant à son cast ou les prouesses du maquillage sur la chair botoxée, mais non. En attendant Paris sera toujours un fantasme, strass & paillettes - stress & paillasse, mais Woody ne vieillit pas si mal finalement.
PS : Ah oui au fait : attention spoil !
Les rêves footus
A-t-on idée de reprocher aux macs de préférer vendre de belles européennes de l'est aux longues jambes et au regard de biche ? Non, puisque c'est illégal de toutes façons.
A-t-on idée de reprocher à l’éleveur de bichons de ne s’intéresser qu'à ceux qui ont le poil brillant et la bouclette souple ? Bah non, ce sont des animaux. En plus ces branleurs passent leur vie à baver sur des coussins en satin alors on ne va pas en faire un foin non plus.
Alors pourquoi diantre fait-on autant de foin sur le joueur de football qui n'est finalement que le chaînon manquant entre le bichon frisé* et la pute de luxe ? La bête est bien traitée et le commerce parfaitement légal, vraiment je pige pas.
Les marchands de rêves ne valent pas mieux que les marchands de sommeil même s'ils oeuvrent à plus grande échelle. Tout le monde le sait mais c'est pas grave, on va quand même s'indigner sur les premiers en faisant mine d'ignorer les seconds. On va quand même continuer à croire qu'on est dans une société d'idéaux, de fractures raciales, et pas une société de marché autrement plus féroce et implacable. Parce que nous avons autant besoin de rêves que de sommeil et ça les marchands le savent bien.
Enfin il n'empêche, la qualité baisse sacrément niveau rêves non ? Et je parle pas de la petite breloque de jolis mollets gambadant sur des pelouses verdoyantes justement. Je parle des vrais rêves, qu'on cantonne à des guéguerres de cours de récré et autres terrains de jeux tellement ils n'ont plus leur place dans le monde réel. Sans blague, "l'égalité", l'un des piliers de l'identité française comme disent les savants, n'a jamais été une réalité, mais fut un projet à moment donné. A vrai dire il paraît de plus en plus fantaisiste ce projet quand on voit tout ce foin à base d'humanisme outragé de salle de sport.
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* Pardon à mes amis amateurs de football et de bière fraîche, j'aurais pu parler de chevaux pur-sang mais les bichons frisés me fascinent*.
* De même que le groupe FB "Bichons Frisés Adoration Society"*.
* Si si il existe.
La différence entre le con qui crie et le nazi (le retour)
Oui d’accord, j'y suis allée un peu fort dans mon dernier post. J’avoue je l’avais mauvaise de tomber sur ce pathétique "Cri du Contribuable" alors j'ai chopé la première comparaison outrageuse pour exprimer ce que je pense de cette sale engeance. Alors oui, taper du point Godwin, c'est facile, c’est moche, et en tous cas pas réaliste. Bien sûr que les adeptes de ce torchon ne sont pas des nazis par bien d’autres aspects que l'absence d'esprit d’équipe et la désaffection pour le complet kaki ! J’ai passé sous silence une énorme différence : le nazi n'est pas mesquin, ça non. Accessoirement le nazi est plus cruel que pleutre, mais ce n’est pas incompatible direz-vous. D’ailleurs voilà encore une différence singulière : il y a beaucoup plus de lâcheté que de cruauté chez le con qui crie. Imaginez donc ce pétitionnaire acharné allant crier jusque au-delà de son ordinateur, au delà de son minable pavillon de banlieue, se pointant devant une cité quelconque pour beugler au premier traîne savate venu que primo il est hors de question que SES impôts servent à lui payer son HLM dégueulasse et invivable ; deuxio, qu’il peut se gratter, les vélib’ c’est pour Paris intra muros, parce que déjà que ça coûte un bras ces bobos gadgets à roue on va pas en plus lui en offrir, et que tertio, de toutes façons faudrait faire des routes au lieu de développer les transports en commun qui ne servent qu’à déplacer des pique-allocs passablement étrangers, qui veulent pas bosser et se déplacent sûrement juste pour bousiller SES sièges de RER qu’il a payé. En plus ça marche jamais à cause des khmers-cheminots en grève qui gangrènent la voie ferrée et les finances publiques. Rigolez pas, c’est nous qu’on paye et ça fait cher les contradictions. Non, j'en conviens aller parler individuellement à tous ces gens serait ridicule, inefficace et pas intelligible du tout. Et ça le con qui crie l’a compris comme quoi il n'est pas si con. Pour brouiller les œufs faut les casser et c’est pourquoi, à titre exceptionnel le con qui crie s'associe. A contrecœur j’imagine, parce qu’il n’est pas complètement garanti que l'autre con qui crie en choeur ne soit pas une sangsue gavée d'impôts. Admettons que l'autre con qui crie soit agriculteur. Sans même prendre le cas extrême de l'agriculteur monégasque, et bah il est cap de pas chipoter si on lui renfloue la popoche avec les sousous de l’euro-contribuable ! Enfin l'agiculteur, le Cri l’excuse, déjà lui c’est pas sa faute c'est la conjoncture, et il n'y peut rien si y a les technocrasses feignants des commissions qui lui en foutent plein les fouilles, parce l’Europe il en voulait pas.
Tout ça pour dire, rassure toi, con qui crie tu n'es pas nazi, car tu n'es pas inhumain : t'en as pas les moyens. L'inhumanité n'est pas à la portée de l'individu, le pékin lambda replié dans ses contradictions, son quotidien mesquin, son incapacité à prendre du recul, ne s'applique qu'aux masses. Mais fais gaffe quand même, en gonflant le Cri de ton petit couinement, y a comme un écho facho qui fait masse.
Les voies de google
L’enfant adopté chanceux sait que quel que soit le potage trouble du destin qui l’a vu naître, y avait comme une couille qui traînait dedans. Alors en grandissant il a vite fait de considérer que dame société l'a vachement bien loti. Et bah malgré tout il a quand même envie de savoir. Pas si la couille était propre ou le potage gras bien sûr, non, juste par superstition scientifique. La carte du génome humain ne peut pas n'être que fadaise à la con tout juste bonne à occuper les nazis quand même ? Doit bien y avoir une raison pour que tant de candidats à la parentalité non nazis refusent d'adopter ! En plus comme dit mon collègue Laurent "T’es pas sûr d’avoir un Européen hein, alors un Français !". Enfin non lui c'est pas le bon exemple il est pas non nazi. Enfin bon, je m'égare, mais pour une enfant non nazie mi-adoptée, je trouve que dame société m'a d'autant bien lotie qu'on vit une époque formidable. Déjà, il reste très peu de nazis. Ensuite, il n'est désormais plus besoin de se coltiner une improbable et fort effrayante rencontre - culpabilisante qui plus est pour l'enfant adopté chanceux et reconnaissant, pour satisfaire à la superstition scientifique de la chair et du sang, il suffit de tapoter dans google.
Alors pensez donc comme j'ai kiffé les voies impénétrables du destin quand je suis tombée sur plusieurs liens entre le "cri du contribuable" et ma mi-chair et mon mi-sang sur l'Internet mondial ! Outre la confirmation rassurante du fait que le gène de l'oeil clair n'est pas dominant, il est maintenant presque avéré que j'ai très peu gènes nazis. Car une caractéristique fondamentale permet de différencier le nazi du lecteur du cri du con' : le nazi joue collectif.
En plus ses fringues sont mieux coupées.
En-haaan-han-han-han en apesanteuuuur
Le tout premier texte que j'ai blogué parlait de la procrastination. En gros je filais l'explication classique puis j'enjolivais un peu : plutôt que la peur du vide, du lendemain, de l'échec, cet état d'apathie transitoire serait en fait le goût du risque, une sorte de base jump avec soi-même, frôler la dead-line, de plus en plus, toujours plus près, et survivre chaque fois.
C'est à peu près la seule chose valable que j'ai pu bloguer à l'époque. Près de dix ans après, l'idée est toujours marrante tant elle est vraie et fausse à la fois. Procrastiner est le seul acte de rébellion à la portée du cadre une fois qu'il a commencé à courir pour faire tourner la roue. Le cadre oui, parce que le mec coincé derrière sa presse hydraulique ou la meuf derrière son standard - et inversement, ne soyons pas sexistes - n'a pas trop de place pour le base jump. D'ailleurs quand je parle de rébellion soyons clairs hein, c'est la rébellion pour les hamsters. Encore que les hamsters mordent si on les emmerde trop, tandis que les cadres revêches ont généralement les dents lisses. La seule corde à leur arc est l'anti-jeu, et l'anti-jeu sportif, c'est le base jump.
Du coup vous vous dites "bah pourquoi qu'c'est donc faux si c'est vrai ?". Cher lecteur impatient, c'est bien simple. La plupart du temps les choses qu'on lit dans les blogs ne font pas le poids face aux savants, même si elles sont mieux racontées (quoi que). En tous cas broder autour de la peur derrière la procrastination ne la cache pas, bien au contraire, elle la fait grossir.
Ainsi ce post terminé en ce matin pluvieux en lieu et place de la rédaction d'un putain-de-compte-rendu-de-réunion-merdique-et-néanmoins-urgent a été débuté dans mon lit, par un dimanche après-midi ensoleillé, en lieu et place de la préparation obligatoire à un base jump méga fun et ultra flippant du haut d'une situation confortable d'ingénieur territorial vers la misère et la splendeur des débiteurs de bière belge et autre générateurs de bruit dans l'ex-future Paris City of Light et Calme Plat. Peut-être irai-je bientôt jusqu'à raconter le périple du convaincu de l'action sociale en terres commerçantes, mais là le devoir merdique et néanmoins urgent m'appelle.
Draguer avec Salo
Au départ ça m’a fait marrer. Draguer avec Salo (ou les 120 jours de Sodome), c’est ironique, c’est absurde, c’est donc marrant. Mais le mec insiste "Tu vas pas le croire, c'est le film préféré de ma femme !". * Vague ennui amusé, puis bâillement, puis lassitude tintée de dégoût... Encore un petit poney qui veut jouer aux Salo *
Honnêtement j’ai pas réussi à regarder ce film en entier ; le chef d’oeuvre est trop parfait. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, je raconterai pas la fin - que j’ai pas vu - sachez juste que l’esthétisme y est une arme pointue et terrifiante, pour démontrer l’absurdité obscène, grotesque même, de l’inhumanité. Et s’il est difficile aujourd’hui d’épater le bourgeois polymorphe avec de la cruauté ou de l’obscénité, ce film là n’a pas perdu un gramme de force subversive en 35 ans, malgré la momification dont il fait l’objet. Ça n’a que trop bien marché sur moi, qui n’ai pas réussi à l’éprouver jusqu’au bout. Je revendique pas hein, j’en suis pas fière. Heureusement, il n’est pas nécessaire d’éprouver totalement une œuvre pour l’apprécier. Et heureusement certains ont supporté l’effet pour la porter à connaissance. Mais quand même, je me demande ce que Pasolini penserait de ces intellos autoproclamés qui brandissent son film comme d’autres brandissent un t-shirt Korn.
Tron 2011
C'est un putain de scandale. Les mecs foutent des millions dans des images assez flamboyantes même si elles révolutionnent pas le monde de la fabrique d'image et pas un sou vaillant dans un scénariste ni un dialoguiste, alors que ça coûte que dalle. Franchement on me file 20E/H pour pondre leur merde ésotérico-universaliste racoleuse que je préfère encore rester à faire le tapin à la Cogip. UN SCANDALE JE VOUS DIS. D'aucuns me diront "Oué mais c'est Disney hein, ma grande". Certes, je suis grande, voire plus toute jeune. Et je réponds que nenni, nigga ! Tron l'héritage de quoi ? Ce film est un non-sens, que dis-je, ce film c'est même pas Oedipe c'est Brutus. Où est passé l'univers des jeux vidéos ? Dans la plate BO de Daft Punk peut-être ? Disney a toujours ratissé large, pour autant il y avait de l'ambition dans Tron 82, de l'audace visuelle pour l'époque, c'est ce qui nous a marqué, mais aussi la volonté de vraiment faire entrer le spectateur dans le game. Rien de tout ça chez le rejeton dévoyé, quelques jolis minois, quelques jolies images et des décors en ruines, au propre et au figuré.
